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Aide à la création d’entreprise (Acre) : ce qui change en 2026 pour les (futurs) entrepreneurs
L’année 2026 marque un tournant important pour l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (Acre).
Initialement pensée comme un dispositif de soutien large aux créateurs, cette exonération de charges sociales est désormais fortement recentrée, tant sur les publics éligibles que sur son niveau d’allègement.
Dans un contexte de maîtrise des dépenses sociales, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 transforme en profondeur un mécanisme déjà réduit ces dernières années, avec des impacts directs sur la trésorerie des porteurs de projets.
Un dispositif fragilisé et profondément remanié
Crée pour encourager l’entrepreneuriat, l’Acre avait déjà connu une première restriction majeure en 2020, avec une durée d’exonération ramenée de trois ans à un an.
Un rapport de la Cour des comptes publié en décembre 2025 a accéléré cette évolution, pointant un manque à gagner estimé à 408 millions d’euros pour l’État en 2024, ainsi qu’une efficacité jugée difficilement mesurable.
Un temps envisagée pour une suppression pure et simple, l’aide est finalement maintenue en 2026, mais sous une forme beaucoup plus restrictive.
Acre 2026 : un public de bénéficiaires désormais limité
Depuis le 1er janvier 2026, l’Acre n’est plus accessible à l’ensemble des créateurs et repreneurs d’entreprise.
Pour en bénéficier, il est impératif de se trouver, au moment de l’immatriculation, dans l’une des situations suivantes :
•demandeur d’emploi (indemnisé ou non) inscrit à France Travail depuis au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois ;
• bénéficiaire de l’ASS, du RSA ou de la PrePare ;
• jeune âgé de 18 à 25 ans révolus ;
• personne de moins de 30 ans non indemnisée ou reconnue en situation de handicap ;
• salarié repreneur d’une entreprise en difficulté (sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire) ;
• créateur implanté dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ou en zone France ruralités revitalisation (ZFRR ou ZFRR+).
Ce recentrage marque une rupture nette avec la logique antérieure, qui rendait l’Acre accessible à une grande majorité de porteurs de projets.
Une demande désormais obligatoire auprès de l’Urssaf
Autre changement majeur en 2026 : l’Acre n’est plus accordée automatiquement.
Désormais, tous les créateurs et repreneurs d’entreprise, quel que soit leur statut (entreprise individuelle, société, micro-entreprise, professions libérales, dirigeants assimilés salariés), doivent déposer une demande expresse auprès de l’Urssaf.
L’organisme dispose d’un délai de 30 jours pour se prononcer.
À défaut de réponse dans ce délai, l’aide est réputée accordée.
Une exonération de charges sociales plafonnée à 25 %
Le niveau d’allègement est lui aussi fortement revu à la baisse.
Jusqu’en 2025, l’Acre permettait une exonération totale ou partielle des cotisations sociales, en fonction du niveau de revenus du créateur.
À compter de 2026 :
• l’exonération est uniformément plafonnée à 25 %, quel que soit le revenu professionnel ;
• elle concerne les cotisations maladie, maternité, vieillesse, invalidité-décès et allocations familiales ;
• le caractère proportionnel du dispositif disparaît.
Un décret reste attendu pour préciser la liste exacte des cotisations concernées.
Des impacts significatifs pour les créateurs et repreneurs
Ces évolutions entraînent des conséquences concrètes pour les porteurs de projets :
• un nombre de bénéficiaires mécaniquement réduit (323 000 bénéficiaires encore en 2024) ;
• une diminution sensible de l’avantage financier lors de la première année d’activité ;
• une nécessité accrue d’anticipation dans les prévisionnels financiers et les plans de trésorerie ;
• une vigilance renforcée sur les démarches administratives dès la création.
Dans certains cas, l’Acre représentait plusieurs milliers d’euros d’économies la première année. Cette réduction devra désormais être intégrée dès la phase de réflexion du projet entrepreneurial.
Conclusion
La réforme de l’Acre en 2026 traduit une volonté claire des pouvoirs publics :
cibler l’aide sur les publics les plus fragiles et réduire son coût pour les finances sociales.
Si le dispositif demeure un levier d’accompagnement à la création d’entreprise, il ne peut plus être considéré comme un acquis automatique.
L’anticipation, la sécurisation des démarches et l’intégration de ces nouvelles règles dans les prévisionnels financiers deviennent désormais essentielles pour tout créateur ou repreneur d’entreprise.
