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Budget 2026 définitivement adopté : ce que change la loi de finances pour les entreprises et les ménages

L’année 2026 marque un tournant important pour l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (Acre).
Initialement pensée comme un dispositif de soutien large aux créateurs, cette exonération de charges sociales est désormais fortement recentrée, tant sur les publics éligibles que sur son niveau d’allègement.

Après plusieurs mois d’incertitude budgétaire, la loi de finances pour 2026 a été définitivement adoptée par l’Assemblée nationale.

Le texte doit encore être examiné par le Conseil constitutionnel avant sa promulgation, mais la France dispose désormais d’un cadre budgétaire stabilisé pour l’exercice 2026.

Au-delà de la dimension institutionnelle, cette loi de finances redéfinit l’équilibre entre recettes fiscales, dépenses publiques et trajectoire de redressement des comptes publics. Elle comporte des conséquences directes pour les entreprises comme pour les ménages.

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Une trajectoire budgétaire ajustée

Le budget 2026 prévoit un déficit public de 131,9 milliards d’euros, soit 5 % du produit intérieur brut. Initialement fixé à 4,7 %, l’objectif a été révisé afin d’intégrer plusieurs ajustements intervenus au cours de l’examen du texte.

La dette publique atteindrait 118,3 % du PIB en 2026.

Si la trajectoire de retour sous les 3 % de déficit demeure affichée à l’horizon 2029, le redressement budgétaire s’inscrit désormais dans un calendrier plus progressif que celui envisagé initialement.

L’effort d’amélioration du solde public repose majoritairement sur les recettes fiscales.

Ce que change la loi de finances pour les entreprises

  1. Reconduction de la surtaxe sur les grandes entreprises

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises est maintenue pour 2026. Son rendement est estimé à 7,3 milliards d’euros.

Cette reconduction confirme la volonté de faire contribuer les entreprises les plus profitables à l’effort budgétaire national.

  1. Abandon de la trajectoire de baisse de la CVAE

La réduction progressive de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), prévue dans les précédentes lois de finances, est suspendue.

Pour les entreprises concernées, cette décision implique :

  • le maintien d’un niveau de charge supérieur aux projections initiales ;
  • un impact direct sur les marges opérationnelles ;
  • la nécessité d’ajuster les budgets prévisionnels et les plans d’investissement.
  1. Un redressement budgétaire principalement financé par les recettes

L’amélioration du solde budgétaire en 2026 repose désormais à environ 75 % sur les prélèvements obligatoires, contre 25 % sur la maîtrise des dépenses publiques.

Ce choix confirme que l’effort budgétaire est majoritairement assumé par le levier fiscal.

Pour les dirigeants, cela signifie une pression fiscale maintenue à court terme et une vigilance accrue sur la gestion de la rentabilité.

  1. Arbitrages sectoriels et effets indirects

Le budget 2026 opère plusieurs ajustements dans la répartition des dépenses publiques.

Certains crédits augmentent, notamment dans les domaines régaliens, tandis que d’autres secteurs voient leurs dotations diminuer, notamment :

  • la cohésion des territoires ;
  • le logement ;
  • l’écologie ;
  • le sport.

Le plan France 2030 connaît une réduction de crédits de 1,1 milliard d’euros. Le Fonds vert voit également son enveloppe diminuer.

Ces arbitrages peuvent avoir des effets indirects pour les entreprises dépendantes d’aides publiques, d’appels à projets ou de dispositifs de soutien sectoriels.

En revanche, le dispositif MaPrimeRénov’ est maintenu, ce qui préserve un soutien significatif au secteur de la rénovation énergétique.

Ce que change la loi de finances pour les ménages

  1. Indexation du barème de l’impôt sur le revenu

Le barème de l’impôt sur le revenu est indexé sur l’inflation pour l’ensemble des tranches.

Cette mesure vise à éviter une hausse mécanique de l’imposition liée à l’augmentation nominale des revenus dans un contexte inflationniste.

Elle permet de limiter les effets de progression de tranche pour une large partie des contribuables.

  1. Maintien d’une contribution minimale pour les hauts revenus

La contribution différentielle sur les hauts revenus est prolongée. Elle instaure un taux minimal d’imposition de 20 % pour les contribuables dont les revenus excèdent :

  • 250 000 euros pour une personne seule ;
  • 500 000 euros pour un couple.

Cette mesure demeure ciblée et n’affecte qu’une fraction restreinte des ménages.

  1. Mesures de soutien ciblées

Plusieurs dispositifs de soutien au pouvoir d’achat sont maintenus ou renforcés :

  • augmentation d’environ 50 euros par mois de la prime d’activité pour près de trois millions de ménages ;
  • revalorisation des aides personnalisées au logement ;
  • maintien du dispositif MaPrimeRénov’ ;
  • généralisation du repas étudiant à 1 euro.

Ces mesures traduisent la volonté de préserver un soutien aux ménages modestes malgré la contrainte budgétaire.

Analyse et perspectives

La loi de finances pour 2026 marque la fin d’une période d’instabilité budgétaire et redonne de la visibilité aux acteurs économiques.

Elle s’inscrit dans une logique de consolidation progressive des finances publiques, reposant principalement sur le maintien ou l’augmentation des recettes fiscales.

Pour les entreprises, les principaux enjeux en 2026 seront :

  • l’anticipation des charges fiscales ;
  • la maîtrise des marges ;
  • l’optimisation des flux de trésorerie ;
  • l’évaluation rigoureuse des projets d’investissement.

Pour les ménages, le budget combine stabilisation de l’impôt sur le revenu et mesures ciblées de soutien, dans un contexte global de discipline budgétaire.

En définitive, l’année 2026 s’ouvre sous le signe d’un cadre budgétaire clarifié, mais exigeant, tant pour les entreprises que pour les particuliers.