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Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU) : un nouveau cadre d’allègement des cotisations patronales en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif d’allègement des cotisations patronales change de nom et de structure.
La « réduction générale dégressive unique » (RGDU) remplace et unifie les anciens mécanismes d’allègement, dont l’ex-réduction Fillon.
Au-delà du changement terminologique, la réforme redéfinit les modalités de calcul et les seuils d’application.
Pour les employeurs, l’enjeu est à la fois financier et technique.
Ce qui change en 2026
La réforme introduit trois principes structurants :
- La réduction est maximale au niveau du Smic.
- Elle devient dégressive entre 1 Smic et moins de 3 Smic.
- Elle est nulle à partir de 3 Smic.
Autrement dit, l’allègement est désormais recentré sur les bas et moyens salaires.
Depuis le 1er janvier 2026, le Smic brut mensuel (hors Mayotte) est fixé à 1 823,03 €.
La RGDU s’applique donc pour les rémunérations inférieures à :
- 36,06 € brut de l’heure,
- 5 469,09 € brut mensuel,
- 65 629,20 € brut annuel.
Par ailleurs, les anciens taux réduits d’assurance maladie et d’allocations familiales sont supprimés, sauf pour certains dispositifs spécifiques (Lodeom, TO-DE, exonérations zonées, etc.).
Employeurs et salariés concernés
- Les employeurs éligibles
La RGDU concerne tous les employeurs, quel que soit leur effectif ou leur secteur d’activité.
Seule exception : les particuliers employeurs.
- Les salariés concernés
La réduction s’applique aux salariés :
- titulaires d’un contrat de travail (CDI, CDD, alternance, temps partiel),
- affiliés obligatoirement à l’assurance chômage,
- percevant une rémunération inférieure à 3 Smic.
Le dispositif est donc largement ouvert, mais son effet diminue progressivement à mesure que la rémunération augmente.
Quelles cotisations sont concernées ?
La réduction s’impute sur plusieurs cotisations patronales :
- assurance maladie, maternité, invalidité, décès,
- vieillesse de base,
- allocations familiales,
- contribution FNAL,
- contribution solidarité autonomie (CSA),
- retraite complémentaire obligatoire,
- assurance chômage,
- cotisations accidents du travail et maladies professionnelles (dans la limite de 0,49 % de la rémunération).
Il s’agit donc d’un allègement significatif du coût global du travail pour les rémunérations éligibles.
Modalités de calcul
- Principe général
La formule reste structurée autour du mécanisme suivant :
Rémunération brute annuelle × coefficient de réduction
Le coefficient varie selon :
- l’effectif de l’entreprise (moins ou plus de 50 salariés),
- le taux applicable au FNAL,
- le niveau de rémunération par rapport au Smic.
- Rémunération prise en compte
L’assiette comprend l’ensemble des éléments de rémunération :
- salaires,
- primes (y compris prime de partage de la valeur),
- heures supplémentaires,
- indemnités compensatrices,
- pourboires,
- rémunérations versées via un compte épargne-temps.
Les remboursements de frais professionnels sont exclus.
- Prise en compte du temps de travail
Pour les salariés à temps partiel, le plafond de rémunération est ajusté proportionnellement.
Exemple :
Un salarié à 80 % ouvre droit à la réduction jusqu’à 80 % du plafond de 3 Smic.
Cumul avec d’autres dispositifs
La RGDU peut être cumulée avec :
- la déduction forfaitaire patronale sur heures supplémentaires,
- certaines exonérations spécifiques (aide à domicile, journalistes, VRP, professions médicales),
- la déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels.
En revanche, elle ne peut pas être cumulée avec d’autres exonérations générales de cotisations pour un même salarié.
Démarches déclaratives
La réduction est déclarée via la Déclaration Sociale Nominative (DSN).
L’employeur doit :
- identifier les salariés concernés,
- déclarer leur rémunération,
- appliquer le montant de réduction correspondant.
Les organismes de recouvrement peuvent contrôler la correcte application du dispositif.
L’adaptation des logiciels de paie est donc essentielle pour sécuriser le calcul.
Analyse et enjeux pour les entreprises
La RGDU poursuit un objectif clair :
concentrer l’allègement sur les bas et moyens salaires tout en simplifiant le dispositif.
Pour les entreprises, les impacts sont multiples :
- recalibrage du coût du travail pour les rémunérations proches du Smic ;
- réduction progressive de l’avantage au-delà de 1,6 ou 2 Smic ;
- nécessité d’anticiper les effets de seuil lors des augmentations salariales.
La gestion prévisionnelle des rémunérations devient un levier stratégique, notamment pour les structures à forte intensité de main-d’œuvre.
La RGDU ne constitue pas une suppression des allègements, mais une rationalisation progressive, avec un recentrage sur les bas salaires et une logique budgétaire plus maîtrisée.
