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Quartiers prioritaires de la politique de la ville : la fin des ZFU-TE et le nouveau régime d’exonération en 2026

La loi de finances pour 2026 opère une réforme structurante des dispositifs d’exonérations fiscales territoriales.
Depuis le 1er janvier 2026, les zones franches urbaines – territoires entrepreneurs (ZFU-TE) sont supprimées et remplacées par un mécanisme recentré sur les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

 

Cette évolution s’inscrit dans une volonté de simplification de la géographie prioritaire et de maîtrise du coût des dispositifs d’aide. Pour les entreprises, les enjeux sont à la fois fiscaux, stratégiques et opérationnels.

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la suppression des ZFU-TE au 1er janvier 2026 

Le dispositif des ZFU-TE, qui permettait sous conditions de bénéficier d’exonérations d’impôt sur les bénéfices et de certains impôts locaux, n’est pas prorogé par la loi de finances pour 2026.

  1. Fin des nouveaux droits

Depuis le 1er janvier 2026 :

  • les entreprises qui s’implantent en ZFU-TE ne peuvent plus ouvrir de nouveaux droits à exonération ;
  • l’exonération d’impôt sur les bénéfices attachée aux créations d’activité dans ces zones n’est plus applicable aux nouvelles implantations ;
  • l’exonération de taxe annuelle sur les bureaux et les surfaces de stationnement (notamment en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur) disparaît pour ces zones.

Il convient toutefois de rappeler que les entreprises ayant déjà ouvert des droits avant le 31 décembre 2025 continuent en principe à bénéficier du régime jusqu’à son terme, sous réserve du respect des conditions.

  1. Une logique de rationalisation

La suppression des ZFU-TE répond à un objectif de lisibilité et d’efficacité des politiques publiques. Le législateur a souhaité mettre fin à la superposition de zonages et concentrer les dispositifs sur un périmètre unique.

Les QPV deviennent le zonage de référence

À compter de 2026, les quartiers prioritaires de la politique de la ville constituent l’unique zonage de la géographie prioritaire en matière d’aides fiscales à l’implantation.

Cette évolution vise à :

  • unifier les régimes existants ;
  • améliorer le ciblage des aides ;
  • renforcer l’attractivité économique des territoires les plus fragiles.

Pour les porteurs de projet, la vérification de l’éligibilité géographique devient une étape préalable indispensable à toute décision d’implantation.

LE nouveau régime d’exonération applicable en QPV : 2026 à 2030

La loi de finances pour 2026 instaure un nouveau dispositif d’exonération d’impôt sur les bénéfices pour les entreprises qui créent ou reprennent une activité dans un QPV entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2030.

  1. Un mécanisme d’exonération dégressive

Le régime reprend une architecture proche de celle des anciennes ZFU-TE, avec une exonération totale puis dégressive :

  • exonération totale pendant les cinq premières années ;
  • exonération de 60 % la sixième année ;
  • exonération de 40 % la septième année ;
  • exonération de 20 % la huitième année.

Ce dispositif s’applique indifféremment aux entreprises relevant de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés, pour les bénéfices provenant des activités effectivement implantées dans le quartier.

  1. Activités éligibles

Le dispositif vise principalement :

  • les activités commerciales ;
  • les activités artisanales ;
  • certaines professions de santé (médecins, pharmaciens, sages-femmes, auxiliaires médicaux).

La nature de l’activité exercée dans le quartier constitue donc un critère déterminant d’éligibilité.

  1. Conditions tenant à la taille de l’entreprise

Pour bénéficier de l’exonération, l’entreprise doit respecter simultanément plusieurs seuils :

  • employer moins de 50 salariés ;
  • réaliser un chiffre d’affaires annuel hors taxes inférieur à 10 millions d’euros au cours de l’exercice, ou disposer d’un total de bilan inférieur à ce même montant.

Ces conditions doivent être suivies dans la durée, le non-respect pouvant remettre en cause l’avantage fiscal.

points de vigilance pratiques

  1. Vérification préalable de la localisation

    Un outil officiel permet de déterminer si une adresse se situe en quartier prioritaire de la politique de la ville. Cette vérification doit intervenir en amont de tout projet de création ou de reprise.

  2. Anticipation de la fin des ZFU-TE

    Les projets d’implantation initialement envisagés en ZFU-TE doivent être réexaminés. Le nouveau cadre peut modifier la rentabilité attendue et les arbitrages d’implantation.

  3. Intégration de la dégressivité dans les prévisions

    L’exonération n’est ni permanente ni linéaire. Son caractère dégressif impose une modélisation financière pluriannuelle afin d’éviter les effets de rupture à partir de la sixième année.

  4. Suivi des seuils d’effectif et de chiffre d’affaires

    Le bénéfice du régime est conditionné au respect de critères de taille. Une croissance rapide de l’entreprise peut conduire à une sortie anticipée du dispositif.

Analyse : un recentrage plutôt qu’une suppression des aides

La réforme opérée par la loi de finances pour 2026 ne marque pas la disparition des incitations fiscales territoriales, mais leur recentrage.

Le nouveau dispositif poursuit plusieurs objectifs :

  • simplifier la cartographie des aides ;
  • mieux cibler les territoires prioritaires ;
  • maîtriser le coût budgétaire des exonérations ;
  • maintenir un levier d’attractivité économique dans les quartiers concernés.

Pour les entreprises et les conseils, cette évolution renforce l’importance de l’analyse préalable d’implantation. Le choix du lieu d’exercice redevient un paramètre stratégique à part entière, intégrant à la fois les considérations fiscales, économiques et opérationnelles.